Créer son potager

Maintenant que vous avez répondu aux questions de la première étape, concentrons nous sur la deuxième étape, à savoir ou et comment installer son potager.
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Installer le potager :

Un potager se doit d’être fonctionnel car vous y interviendrez souvent pour semer, planter, entretenir, récolter, en toute saison ou presque. Son accès doit donc être facile, confortable même.
Une fois le contour général dessiné et la dimension choisie, préparez votre potager, à l’automne de préférence, surtout en sol lourd et compact, ou au début du printemps pour les terres légères.
Commencez par bêcher profondément la surface dévolue aux légumes, éliminez les pierres, les mauvaises herbes et les souches présentes. Opérez en lignes parallèles dans le sens de la largeur : vous parviendrez plus rapidement au bout d’une ligne, c’est moins décourageant. Enfoncez la bêche verticalement sur toute la longueur du fer (partie métallique plate de la bêche), soulevez la motte de terre en faisant levier avec le manche et retournez-la en faisant pivoter la bêche sur place. Progressez à reculons afin de ne pas piétiner la partie que vous venez de travailler.
Vous pouvez également remiser la terre de la première rangée dans la brouette pour créer une rigole. Versez les mottes de terres de la deuxième rangée sans les soulever en faisant pivoter le fer de la bêche vers la rigole. Procédez de même jusqu’à la dernière rangée que vous comblerez avec la terre de la brouette. Cette technique qui évite de soulever les mottes de terre, sauf pour la première ligne, est appréciable en terre lourde.
Si la surface à bêcher est grande (au-delà de 250 à 300 m2), n’hésitez pas à utiliser un motoculteur. Louez avant d’acheter afin de choisir l’appareil qui convient le mieux à votre terrain.

Allées : quel dessin adopter ?


Commencez par dessiner les voies de circulation. Les allées principales doivent vous permettre de circuler sans difficulté avec l’ensemble du matériel nécessaire à l’entretien de votre jardin potager : brouette et éventuellement motoculteur. Tracez des allées aussi rectilignes que possible et comptez au moins 80 cm de large pour être à l’aise ; 1 m est plus confortable si vous utilisez un motoculteur. L’idéal est une allée centrale et une allée périphérique rendant ainsi l’ensemble du terrain à portée d’outil (binage, ratissage, sarclage…).
Adepte du naturel, vous souhaitez aménager des allées engazonnées : leur largeur sera alors conditionnée par la largeur de coupe de votre tondeuse ? Des bordures sont indispensables afin que l’herbe n’aille pas vagabonder parmi vos choux, ainsi qu’une dénivellation de 5 ou 6 cm entre l’allée et les surfaces cultivées. Prévoyez comme pour le gazon une tonte par semaine entre mai et septembre. Si vous habitez une région très pluvieuse en hiver, ces allées engazonnées risquent de souffrir du piétinement lorsqu’elles sont gorgées d’eau, notamment durant les travaux d’automne. Vous pouvez également installer des dalles qui vous permettront de circuler au sec toute l’année. Une fois posées, celles-ci n’exigent aucun entretien particulier.
Ménagez, tous les deux rangs, un espace de 30 cm de large, un passe-pied, pour faciliter la circulation entre les légumes lors de la récolte. L’emplacement de ces chemins varie d’une année à l’autre selon la disposition des plantes dans le potager. Pour éviter qu’ils ne soient envahis par les mauvaises herbes, vous pouvez les recouvrir d’un paillage (paille, paillettes de lin…) que vous incorporerez au sol lors des labours d’automne.

Préparer les « planches »


Dans le jargon des jardiniers, les « planches » du potager sont les endroits occupés par les légumes. Lors de l’installation de votre espace potager, il est préférable de fertiliser toute la surface à cultiver. Comptez environ une à deux brouettes de compost ou de fumier décomposé pour 10 m2 ou employez un engrais spécial potager en respectant les doses préconisées sur l’emballage. Etalez en surface et mélangez à la terre avec le croc ou la griffe.
installer son potagercreation de potager
Si vous opérez en automne, les intempéries hivernales affineront naturellement la terre. Au printemps suivant, quelques coups de croc suffiront pour parfaire la finesse du terrain. Aplanissez au râteau.
Si vous avez entrepris l’installation de votre jardin potager au printemps, vous réaliserez toutes ces opérations à la suite. Il est alors indispensable d’employer un compost ou un fumier bien décomposé à cette période.

Tas de compost, « usine » de recyclage


Le potager exige des apports réguliers en matières organiques issues de la décomposition d’éléments végétaux ou animaux. Installez donc le tas de compost à proximité du potager, là où vous recyclerez toute cette matière décomposée.
Commencez par dégager une surface de 2 m2 dans un coin du potager. Désherbez soigneusement et tassez la terre. Installez sur 1 m2 un système pour retenir les déchets en tas : panneaux de planches à claire-voie, toile plastique d’ombrage, systèmes en kit vendus dans le commerce… Ne dépassez pas 1 m de haut. Dans cet espace, disposez sur le fond quelques branchages enchevêtrés puis recouvrez avec vos déchets en les alternant avec des couches de terre fine pour favoriser la décomposition.
Attention le compost n’est pas une poubelle ! Sélectionnez les débris végétaux que vous y jetez. Ceux qui sont exempts de maladies iront rejoindre le tas de compost. Les autres seront brûlés avant d’y être dispersés en cendres. Broyez les branchages avant de les incorporer. Le compost est un bon moyen pour recycler tous les restes de végétation du potager.
Arrosez durant l’été (10 l d’eau une fois par semaine) lorsque le temps est sec et retournez une à deux fois par an le compost dans l’espace de 1 m2 laissé libre à côté. Vous y déplacerez alors le système qui retient le tas.
Une fois en juillet et une fois en août, ajoutez du purin d’ortie ou un activateur de compost à l’eau d’arrosage pour accélérer la décomposition.
Comptez de 8 à 10 mois avant d’obtenir un compost prêt à l’emploi : il ressemble à du terreau grossier, brun foncé et aucun élément du départ ne doit être discernable.

Pépinière : aux petits soins pour les semis


Cette pépinière ne servira pas à cultiver des arbres. Dans le jargon des jardiniers, cet endroit est particulièrement propice aux semis délicats, aux graines qui ont besoins de conditions particulières pour germer : plus de chaleur, une terre plus fine et plus humide, davantage d’ombre et de fraîcheur…
Choisissez un emplacement ombragé en été et très abrité, au pied d’un mur orienté à l’est par exemple, pas nécessairement au potager mais dans un endroit accessible car les jeunes semis demandent des soins fréquents. Délimitez une bande de 2 ou 3 m de long sur 1 m de large. Bêchez en profondeur, désherbez, éliminez les pierres, les souches, et incorporez à la terre en place du sable et du terreau, à parts égales.
Affinez la terre soigneusement. En effet, plus elle est fine et plus le contact entre les mottes de terre et la graine est important, encourageant la germination.
Binez, désherbez, ratissez régulièrement le terrain, arrosez en pluie fine (arrosoir muni d’une pomme) pour maintenir des conditions favorables à la germination.


Etape suivante : Entretenir le potager
 

Que jeter dans le compost ?

-    Les restes de culture des légumes de votre jardin potager (directement ou en cendres selon leur état sanitaire) ;
-    Les mauvaises herbes lorsqu’elles ne sont pas en fleurs sauf liserons, chiendents, chardons et renoncules ;
-    Les épluchures des fruits et des légumes du jardin ;
-    Les tontes de gazon si la pelouse n’a pas été traitée avec un désherbant sélectif dans l’année ;
-    Les déchets de taille (broyés ou en cendres).

Photos de potager

creation de potagerOn peut voir ici comment est organisé ce potager, en carré avec en bordure des plants pour délimiter l'espace.